Vitraux du XIXeme (rédigé pour Art et Histoire)

Le XIXème siècle est l’époque de la renaissance du vitrail.
En 1826, Gustave Bontemps, ingénieur chimiste, directeur de la verrerie de Choisy-le-Roi, retrouva le procédé de fabrication de verre rouge teinté dans la masse, puis en 1845, celui des verres doublés pour les travaux de gravure.
En 1828, la manufacture de Sèvres ouvre un atelier de peinture sur verre, qui se spécialise dans la copie de tableaux, pour certaines commandes, plusieurs cartons seront réalisés par des peintres de renom tels Delacroix, Ingres ou Devéria.
Entre 1830 et 1840, plusieurs grands ateliers, (appelés manufactures), se sont ouverts.
La demande en vitraux est alors considérable, obligeant les ateliers à une production de masse. Les ateliers comptent parfois jusqu’à 50 ouvriers, tous ont un rôle bien définit.
Pour exemple, la production de l’atelier de Maréchal de Metz a été évaluée à 57 000 m² de vitraux, réalisés entre 1837 et 1867! Ce qui représente environ 12000 verrières peintes pour 1600 édifices.
On compte en 1840 une quarantaine d’ateliers en France. Il y en aura plus de 200 en 1870.
On observe jusque dans les années 1890, deux types de vitraux :
    • Le vitrail archéologique (pastiche)
    • Le vitrail tableau
Le vitrail archéologique
Au XIXème siècle; le moyen-âge est redécouvert et mis à l’honneur. En 1831, Victor Hugo publie son roman Notre Dame de Paris.
Le Vitrail Archéologique est un art d’imitation.
Le premier vitrail archéologique a été posé en 1839, dans l’église Saint Germain l’Auxerrois à Paris, sa facture copie celle des verrières gothiques de la Sainte Chapelle à Paris.
La Pratique de restauration entreprise dès les années 1840, servait parfois de modèles pour la création de verrières archéologiques. Ces verrières, en France, sont souvent d’inspiration XIIIème.
Le vitrail archéologique, au départ, n’est pas une copie servile, le verrier adapte les motifs du moyen-âge, mais la production de masse en estompe les intérets.
Le vitrail tableau
Le vitrail tableau est une grande composition unique qui s’étend sur toute la fenêtre, ne prenant pas en compte la division des lancettes.
Charles Maréchal de Metz, verrier Lorrain, ancien élève de Delacroix, donna à ce type de vitrail un essor considérable.
Claudius Lavergne fit de même à Lyon, il était un ancien élève d’Ingres.
Beaucoup d’autres ateliers produisent des vitraux « tableaux ».
Faisant référence à la Renaissance, la vitrail tableau est lui aussi archéologique, mais pourtant jugé plus moderne, il se rapproche de la peinture.
A partir des années 1870, le vitrail civil se développe considérablement, il investit les édifices publiques, tels que gares, hôtels de ville, préfectures, grands magasins, brasseries…
L’art nouveau, un nouvel élan
A partir de 1890, l’Ecole de Nancy donna une dimension exceptionnelle à l’Art Nouveau français. Après avoir travaillé chez Daum, Jacques Gruber adopte une technique de superposition de verres, parfois en relief ou gravés à l’acide. Les verres Tiffany, découverts à Paris lors de l’exposition universelle de 1878 (verres opalescents et irisés) furent largement employés par les artistes de l’art nouveau.
Les procédés de fabrication industriels ( bordures répétitives ou grandes verrières ornementales réalisées par impressions, pochoirs, empreintes, sérigraphie…), mis en place par les verriers du XIXème pour répondre à la demande, sont sans doute à l’origine du manque de dynamisme créatif qui leur est souvent reproché.